Volumes collectifs sur psychanalyse et psychopathologie

La psychanalyse a urgence à se renouveler pour mieux étudier, de façon approfondie, critique et réflexive, les graves phénomènes sociaux, politiques et sexuels de notre époque.

Suffit-il de regarder avec commisération et passivité une certaine psychanalyse céder devant les discours idéologiques, genristes et sexidentitaires, perdant par la même occasion la force critique inaugurée par Freud et reprise par Lacan ? Suffit-il de percevoir avec tristesse le cas de quelques enseignements universitaires en psychologie devenus également genristes et sexidentitaires, mais se revendiquant de la psychanalyse sans démontrer pourtant plus de substance qu’un vouloir « être » ?

L’un des traits de notre époque est le fait que les manuels diagnostics de psychopathologie et de psychiatrie se vident progressivement de ce qui était avant considéré, à juste titre, comme pathologique. De telle façon que l’on voit l’espace social et, par conséquent, le lien civilisationnel être envahis par toute une psychopathologie, non pas diagnostiquée mais bien réelle, désormais déguisée en nouvelles normes, en signes d’identité ou en styles de vie.

En parallèle du phénomène identitaire, qui couvre de son voile épais bien de domaines de la société y compris le discours et l’enseignement de la psychanalyse, triomphe le neurologique, la psychiatrie biologique, le pharmaceutique, le comportemental. Un syncrétisme entre psychanalyse et neuroscientisme, ou entre psychanalyse et cognitivoscientisme, tente de s’habiller d’un semblant de légitimité.

Entre ces deux phénomènes idéologiques, l’un identitaire et genriste, l’autre scientiste, la psychanalyse non idéologique se retranche dans la pratique clinique quotidienne. Car elle ne trouve ni espaces aisés d’expression ni lieux apaisés d’échange. Il s’agit donc de réveiller cette psychanalyse non identitaire, non idéologique, non genriste et non scientiste, de la faire sortir de son refuge, de la voir à nouveau s’exprimer, comme à l’époque où les psychanalystes rayonnaient de créativité et de relief grâce à leur libre pensée.

Par ailleurs, nous savons trop bien que, depuis longtemps, s’autoproclamer lacanien n’est la garantie d’aucun véritable ressort freudien. Malheureusement, trop de praticiens, surtout lors de la longue période de formation — laquelle peut durer pour certains toute leur vie —, ne font que répéter le vocabulaire ou les tics linguistiques d’une langue post-lacanienne devenue ainsi creuse et inefficace.

Devant cet état de faits, pour analyser la psychopathologie contemporaine avec plus de clarté et de profondeur, nous avons plus que jamais besoin d’effectuer un retour au Lacan des années 50-60, tout en ajoutant quelques autres concepts que nous pouvons formaliser dans cette lignée.

Avec ces objectifs, nous voulons proposer un nouveau regard psychanalytique sur le monde d’aujourd’hui dont les textes qui s’en dégagent seront publiés, selon une cadence spontanée et sans contraintes institutionnelles d’aucune sorte, sous la forme de livres collectifs.

Ces volumes collectifs sont publiés par Huit Intérieur Publications, sous notre direction. Un premier volume sur les ruines psychiques est déjà en préparation et sa parution est prévue à la fin de 2020.

Nous allons lancer bientôt un autre appel à contributions pour l’un des deux thèmes suivants :

les Spectres de l’analyste ;

— l’Inceste dans la famille occidentale. 

On trouvera bientôt la présentation de chaque thème et une suggestion des questions à travailler.

Pour la présentation des textes définitifs, vous pouvez vous référer aux Instructions aux auteurs.

Si vous êtes intéressé en participer, nous vous prions de bien vouloir nous envoyer un titre et un court argumentaire (quelques lignes suffiront) à notre adresse mail : [email protected].

Dans l’attente de vos propositions,

Bien cordialement,

GAR, Paris, octobre-décembre 2017